Pour me vider la tête dois-je la remplir ?

Après une longue journée, l’homme est souvent à la recherche d’un moyen de se libérer de toutes ses préoccupations qui l’envahissent. 

Plusieurs tactiques pour y remédier sont possibles suivant son caractère et ses habitudes.

Le cocktail miracle plateau-télé est définitivement peu satisfaisant à long terme aussi bien d’un point de vue
physique que mental. La position avachie est peu propice à la digestion. De plus, le mental se remplit passivement de ce que lui offre l’écran, reléguant ses préoccupations quotidiennes au deuxième plan.
Certains font le choix de pratiquer une activité sportive qui leur permettra de ne plus penser à ce qui les envahie. On trouve deux types de pratiques, celles qui demandent une activité mentale chassant les pensées du moment (les sports d’équipe par exemple) et celles qui permettent à l’esprit de s’offrir une pause (généralement les sports d’endurance).
D’autres utilisent l’activité artistique combinant un engagement physique et une attention précise qui permet au mental d’évoluer dans un autre univers. Enfin, la lecture fait intervenir l’imagination et les jeux la réflexion.

Le yoga est quant à lui reconnu pour apporter du bien-être et nombreux sont ceux qui sont attirés par cette pratique pour lutter contre le stress. Quel est le secret de cette pratique ancestrale qui semble
complètement déconnectée de la « vie moderne » ?

Les yoga sutra de Patanjali datant de plus de 2500 ans nous éclairent dès le deuxième aphorisme.
yogah cittavrtti nirodhah
Dont voici plusieurs traductions possibles. Iyengar le traduit par le yoga est l’arrêt des fluctuations de la conscience, Desikachar y voit plutôt la capacité de diriger le mental exclusivement vers un objet et maintenir cette attention sans distraction alors que Bouanchaud considère que c’est la faculté à diriger les activités du psychisme.

citta est traduit par la conscience, le contenu mental, le psychisme, l’esprit. nirodhah est traduit par l’arrêt, l’obstruction, l’opposition, la destruction, la restriction, le contrôle, la cessation ou la faculté de diriger

De cette traduction pourra donc dépendre l’attitude à adopter pendant notre pratique. Va t’on chercher à arrêter l’activité du mental ou à les rediriger ? Nous en venons donc à la question : « dois-je me vider la tête ou la remplir d’autre chose pour ne plus être préoccupé ? »

L’apprentissage des asana (postures) occupera le mental avant que l’observation de ce que notre corps nous envoie comme sensations prenne le relais. De même pour la pratique du pranayama (respiration) ou de la méditation. La distance que nous créons en pratiquant le yoga fera que nous serons de moins en moins affectés par ces messages que nous envoient notre corps et notre mental.

Reprenez les activités décrites au début de l’article et voyez si vous pouvez les pratiquer dans l’esprit du yoga.