Interview Caroline Boulinguez

Une rencontre avec Caroline Boulinguez Directeur de Samasthiti Studio à Paris Nous sommes avec Caroline Boulinguez professeur de yoga Ashtanga, à Paris, à proximité de son studio Samasthiti.YM - Quand as-tu découvert le Yoga ?CB - J’ai découvert le yoga il y a 25 ans, à Lille. Mon professeur était le découvreur du (yoga) Ashtanga, à l’époque. C’etait un psychiatre et l’une de mes amies suivait une psychothérapie avec lui. J’ai pu accéder à son studio, suivre ses cours. D’emblée j’ai apprécié son cours  au point d’être sûre que j’en ferait toute ma vie.YM - Il y a 25 ans déjà … mais vous paraissez si jeune, pensez – vous que le yoga « conserve » ?CB - Le yoga conserve et dynamise le corps. Après 45 ans on perd en muscle. Le yoga, surtout le yoga dynamique, permet de conserver et protéger son corps par les muscles profonds et superficiels et de le galber. YM - Quel a été votre chemin vers le yoga, comment s’est s’articulée votre vie autour du yoga ?CB - Dans les années 80 le yoga n’est pas du tout à la mode. Je suis allée en Inde grâce à mon enseignant de yoga, qui a choisi, après deux ans de pratique, d’amener plusieurs élèves en Inde. C’est quelqu’un de très généreux. J’étais tellement contente. Il continue, avec cette même générosité, à emmener chaque année quelques élèves en Inde. Cela nous permet ensuite de voler de nos propres ailes. Cela me paraissait prodigieux, merveilleux et tellement inconnu et lointain…J’ai ainsi découvert Mysore où je retourne tous les ans depuis 10 ans pour des périodes d’au moins 4 semaines. J’y travaille avec Sri K. Pattabhi Jois. Je suis devenue l’une de ses élèves. Nous avons un rapport de proximité très important et un lien très fort.YM - Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, qui est Sri K. Pattabhi Jois?Il est l’élève de Sri T. Krishnamacharya, qui est lui-même un  « éveillé » du yoga. Cet érudit s’est totalement dédié au yoga et est mort en 1985 à 102 ans en position du Lotus. Il est à l’origine de trois courants du yoga  par le biais de trois de ses élèves : l’Ashtanga Viniyasa yoga avec Sri K. Pattabhi Jois (dont je suis moi-même l’élève), l’Iyangar et Desikashar. Ces courants ont renversé tous les préjugés qui commençaient à courrir   dans les années 80 – 90 et ainsi régénéré et renouvelé la vision du yoga. Sri T. Krishnamacharya est un fondateur du « revival yoga». YM - Quels sont les bienfaits de l’Ashtanga yoga ?CB - Je tiens à préciser de suite que ce yoga qui est dynamique, puissant, qui génère des effets fulgurants, exige d’être enseigné avec de très bons professeurs. Il commence à y en avoir beaucoup que j’ai formé moi-même dans mon école de formation « Les ailes du yoga ». Parmi les bienfaits notables, on « sanguinise » nettement le corps car on le bouge dans tous les sens ; ce mouvement est bon pour le cerveau et les organes internes qui reçoivent du sang neuf, pour la qualité de la peau. La respiration développe les poumons, notamment les poumons du dos qui constituent la masse la plus importante des poumons, et qu’on utilise très peu ou pas pendant toute une vie ; l’Ashtanga apprend à respirer en profondeur avec l’arrière gorge en rentrant les côtes basses pour accéder aux poumons qui se trouvent au niveau des omoplates. Cette respiration permet de mettre en conscience toute notre personnalité et son fonctionnement. Ca vaut une psychothérapie ou une psychanalyse car vous apprenez à prendre du recul pour savoir qui vous êtes et ainsi faire un travail sur vous-même, sur votre psyché à travers le yoga. Cette respiration calme aussi la tête et le corps car elle stimule le système parasympathique, le système des freins du corps.  Elle calme le cœur, l’afflux sanguin, elle calme le cerveau et les  émotions. Cette respiration consciente permet aussi d’accéder à un niveau de sérénité, niveau le plus sacré car on parle alors de spiritualité ; la sérénité étant l’endroit le plus intemporel de l’être humain. YM - Ce sont des mots puissants, et vous êtes vous-même assez spirituelle car vous tenez à l’étude des textes sacrés. Avez-vous étudié ces textes dés le départ ?CB - Le sacré m’a toujours interpellé.  A Lille, j’ai fait un DEUG d’hébreu, mais cela n’a rien à voir. J’ai eu l’occasion de poursuivre avec une licence d’études indiennes et pratiquer le sanscrit. Mais c’est avant tout la pratique qui m’a donnée envie de lire les textes et les vivre. Le plus important à mes yeux est « les 195 yoga sutras » de Patanjali, une véritable pratique si on les met en œuvre. YM - Pensez vous qu’il est possible de dissocier le yoga des textes sacrés ? Tout un courant de yoga aujourd’hui  en Califormie est amalgamé avec de l’Aérobic, comment le Vinyasa, le Powerflow …CB - A mes yeux le yoga est beaucoup plus puissant et intelligent que n’importe quel sport n'ayant aucun support philosophieque. Alors évidemment, si les gens le pratiquent sans la philosophie, ils en tireront tous les bienfaits. Et avec un bon professeur, ils auront une belle pratique et pourront s’éveiller et se passionner pour le yoga sans connaitre les textes sacrés. Les textes sacrés sont le « point sur le i » pour les personnes qui sont dans une véritable recherche et qui veulent transformer leur existence. La foire au yoga reste dangereuse, mais si l’enseignant est bon, tout est possible. Merci beaucoup Caroline Boulinguez ! Si vous avez envie de la contacter, voici ses coordonnées :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. 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