La Kumbha Mela, plus grand pèlerinage au monde

Ce rassemblement religieux, très prisé des hindous, ne cesse d'attirer toujours plus de fidèles et de curieux. Cette année, plus de cent millions de personnes sont attendues pour participer au plus grand pèlerinage de la terre, célébré tous les douze ans (début le 14 janvier) à la confluence du Gange et du Yamuna.


L'origine

On imagine volontiers que la fête de la cruche (de Mela, fête et Kumbha, cruche) est née de pratiques rituelles ancestrales au cours desquelles la semence était déposée dans une cruche, puis trempée dans le fleuve pour favoriser sa germination. Cette cérémonie cherchait aussi, sans doute, à célébrer, honorer et encourager la fertilité; la cruche symbolisant l'utérus de la femme d'où nait la vie. Pour l'Indien qui vit sur les régions côtières des fleuves et, en particulier du Nil, l'eau si elle amène ses incertitudes n'en est pas moins synonyme de vie. En effet, en sortant de son lit, le Nil fertilise la terre qui offre davantage de récoltes aux hommes.
 

La légende

Le pèlerinage de Kumbha Mela est marqué par un sens religieux qui trouve son origine dans la légende du barattage de la mer de lait. Dans les temps anciens, les dieux et les démons avaient scellé une alliance provisoire pour travailler ensemble à la création d'amrita, le nectar d'immortalité. Quand la cruche, contenant l'amrita, apparût, les démons s'en emparèrent. Ils furent alors pourchassés par les dieux. Dans ces ébats, la cruche se brisa, laissant couler quelques gouttes du précieux nectar d'immortalité. Une autre légende attribue le méfait à Garuda, l'aigle royal, monture de Vishnou. Les légendes s'accordent sur un point: quatre gouttes se répandirent en quatre lieux: Allahabad, Nasik, Ujjain et Hardwar. C'est ainsi que ces lieux sont devenus saints et accueillent désormais les célébrations de la Kumbha Mela.
 

Le festival

Les dates du festival sont fixées grâce à de savants calculs astrologiques basés sur les positions de Jupiter, du soleil et de la terre. Ainsi, cette année Allahabad accueillera des cérémonies particulières n'ayant lieu que tous les 144 ans. Le festival, qui dure une cinquantaine de jours, débute avec les parades des sadhus, suivis des membres des autres courants spirituels dont l'Inde foisonne. Ces ascètes, ou sages, sont à pied ou montent des éléphants, des chameaux ou des chevaux richement ornés et sont accueillis par une effusion de pétales. A l'aube, les saints hommes pénètrent le fleuve en récitant des chants religieux ou des mantras. Ils pratiquent leurs ablutions et, pour certains, boivent quelques goutes d'eau sacrée. Cette cérémonie de purification (dans un fleuve désormais assez pollué) permettrait de laver les péchés et aiderait à trouver le salut. Au delà, elle permet à tous les hindous de s'unir dans un moment de partage unique et sacré..
 
 
 
 
- Isabelle Calkins

 

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