Le bouddhisme en Inde

Fondé sur les enseignements du Bouddha historique, né en Inde il y a environ 2 500 ans, le bouddhisme a su toucher le cœur des hommes et des femmes à travers le monde (environ 500 millions d'adeptes). En Inde, son influence fut variable au cours du temps. Aujourd'hui, 0,8% de la population du pays, soit presque 8 millions de personnes, se réclament du bouddhisme.  

Bouddha, le bienheureux

Siddhartha Gautama aurait vécu de - 560 à - 480 avant J.C. Né au pied de l'Himalaya, région aujourd'hui Népalaise, il appartient à la lignée princière des Sakya. Menant l'existence protégée et aisée des palais, il décide de renoncer aux privilèges et de quitter sa famille pour percer la vérité ultime. Il rejoint ainsi le rang des "renonçants" qui pratiquent ascèse, yoga et méditation pour apaiser et purifier leur nature humaine. Un temps, il suit les enseignements de certains maitres. Finalement, il choisit de rester en méditation au pied d'un arbre, le temps nécessaire, espérant ainsi se fondre avec l'indicible. C'est alors qu'il connait l'éveil, un état où son esprit n'est plus soumis aux illusions, où son cœur palpite d'un amour inconditionnel pour le principe de vie. Pendant près de quarante ans, il parcourt le nord de l'Inde, diffusant le fruit de sa connaissance. Il meurt à l'âge de quatre-vingt ans sans avoir désigné de successeur. Ses disciples le nomment "Bouddha", l'éveillé. Ils cherchent à synthétiser  son enseignement et s'emploient à le diffuser.

Le dharma

Alors que l'Inde, de tradition brahmanique, plaçait le devoir de classe au dessus de toute chose, le bouddhisme déplace cette équation en posant la nature humaine individuelle comme lieu de responsabilité, de liberté et de transformation. Bouddha a insisté sur le fait qu'il n'était pas un Dieu mais un être de chair qui était allé jusqu'au bout de sa quête. Ainsi, il n'a pas transmis de doctrine mais a insisté sur le besoin, pour chaque personne, de suivre la voie, le dharma, pour parvenir à l'éveil. Le dharma constitue l'enseignement du Bouddha sur la nature essentielle des choses et des êtres mais aussi la voie qui conduit à cette connaissance réalisée. L'homme vit dans l'illusion qui le sépare de lui-même et de toute chose. Pour y remédier, il doit travailler à éradiquer les "trois poisons fondamentaux" que sont le désir, la haine et l'ignorance. En pratiquant le détachement, qui finalement transcende l'illusion pour pénétrer le cœur de toute chose, il devient possible de vivre "ici et maintenant", dans la compassion.
 

Le bouddhisme en Inde

A la mort de Bouddha, son enseignement se scinde en deux courants:

1) L'Himayana, dit "le petit véhicule", de tonalité ascétique assez exigeante (qui rassemble aujourd'hui 38 % des bouddhistes indiens).

2) Le Mahayana, dit "le grand véhicule", plus tolérant (56 % des bouddhistes indiens, les 6% restants se réclamant des grandes écoles Tibétaines). Au début du IIIème siècle, le roi Ashoka se convertit au bouddhisme et entreprit dès lors un grand effort de diffusion de cette spiritualité, envoyant de nombreux missionnaires prêcher au delà de l'Inde.  Au IVème siècle, le Bouddhisme atteint la Chine, la Corée, puis le Japon puis au VIIème siècle, c'est au tour du Tibet. Au XIIème siècle, l'islam fait irruption en Inde, s'y installe et combat le bouddhisme qui résiste. Ayant à subir la prédominance de l'hindouisme, le bouddhisme a su y entremêler sa fibre propre, l'influençant et se laissant influencer au fil du temps. Né en Inde, pays intrinsèquement religieux, le bouddhisme ne cesse de faire des adeptes. Pour preuve, ses représentants les plus emblématiques sont aujourd'hui tibétains, japonais ou... occidentaux..


 
- Isabelle Calkins -