Le Janaïsme : réligion Indienne

Apparu très tôt dans l’histoire de l'Inde, le janaïsme s’est s'inscrit contre le conservatisme des brahmanes et le poids de leurs rituels. En perte d'influence face à la montée de l'hindouisme, le janaïsme a retrouvé une influence notable grâce à la venue de réformateurs tels qu’Atmaramji (1837-1896) et Shantisagar (1872-1955).
 

Jina Mahavira, le fondateur

Né dans le nord de l'Inde de famille aristocratique, Vardhamana aurait vécu, selon certaines sources, de 599 à 527 avant J.-C. Contemporain du Bouddha, il mène une existence paisible et protégée. Il se marie avec Yashoda qui lui donne une fille. A l'âge de 30 ans, peu après la mort de ses parents, il renonce à la vie facile, au palais et à ses attaches pour suivre la quête spirituelle qu’il sent grandir en lui. Pendant 12 ans, il cherche, questionne et expérimente. Il vit dans la pauvreté et l'abstinence et vagabonde parfois dénudé, signe de renoncement au superficiel et d’acceptation de sa condition humaine. Il mange peu et passe de longues heures à méditer. Il trouve ce qu’il cherchait. Suivront alors 30 années durant lesquelles il voyage et prêche, écouté par des foules toujours plus nombreuses. Baptisé Jina Mahavira, "le grand héros", il est le 24ème et le prophète le plus influent du janaïsme. Il meut à l'âge de 72 ans.


Les 5 vœux du janaïsme

Très proche du bouddhisme, le janaïsme prône le renoncement à tout désir et à toute possession pour atteindre la délivrance, « moksha ».  Cet idéal de pureté peut se réaliser à travers la pratique assidue des 4 vœux traditionnels énoncés par Parshva que sont la non-violence (ne pas maltraiter, ne pas tuer), la pratique de la véracité, le fait de ne pas voler ou convoiter et de ne pas posséder. Jina Mahavira qui a réformé le janaïsme y a ajouté le vœu de chasteté. Basé sur des règles de vie rigoureuses et ascétiques, la communauté janaïste aurait compté 14 000 moines et 36 000 religieuses à la mort de Jina Mahavira. Le festival Mahavir Jayanti commémore d'ailleurs sa naissance (vers la fin mars) ; il est reconnu par le gouvernement indien et est célébré par les deux grandes traditions du janaïsme, les Digambara et les Svetambara.


L’ascétisme pour accéder au salut

Le janaïsme ne croit pas en un dieu unique et créateur mais en un univers, bercé par des mouvements permanents, organisés en cycles. Il existe un monde fini dans lequel évoluent les âmes (les animaux, les végétaux et les minéraux sont pourvus d'une âme). Grâce à un travail discipliné de purification, les âmes peuvent transmigrer (clôturer le cycle des naissances et des morts régi par le « samsara ») et vivre la délivrance. Là, elles accèdent au séjour éternel, situé au sommet de l'univers. L'idéal de compassion du janaïsme connait peu de bornes. En effet, dans certaines traditions, les adeptes utilisent un balai de brins de coton pour nettoyer le sol afin de ne pas risquer d’écraser le moindre insecte. Ils peuvent filtrer l'eau et parfois porter un masque couvrant le nez et la bouche pour ne pas avaler une vie microscopique qu’ils n’auraient vue. Strictement végétariens, les janaïstes accordent une grande valeur au pardon et à la tolérance.

 
 
- Isabelle Calkins -

 

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