Une pause plutôt qu'une rétention de souffle

En abordant la pratique du l'adepte se retrouve toujours face à une mise en garde prévenant qu'il convient d'apprendre et de pratiquer sous la direction d'un professeur expérimenté. Une des origines de cette précaution vient de l'introduction de rétentions de souffle. À l'image des asana (postures) ces rétentions devront être confortables et ne devront pas perturber les autres phases de respiration que sont l'inspiration et l'expiration.n pourrait appeler le yoga des mains, est une pratique méditative liant un placement des mains et une certaine respiration. 
Afin de mieux comprendre la qualité d'une bonne rétention de souffle, considérez la plutôt comme une pause entre l'inspiration et l'expiration. Suivez la pratique suivante qui se rapproche d'une pratique méditative.

Asseyez vous confortablement en vous tenant aussi droit que possible et fermez les yeux. Commencez par observer votre souffle. N'essayer pas de contraindre ou de contrôler votre respiration. Contentez vous d'observer. Si cela vous paraît difficile concentrez vous sur le passage de l'air à l'entrée des narines : l'air frais rentre, l'air chaud sort.

Vous serez sans doute tenté de contrôler le souffle ou bien il se peut que votre esprit s'échappe vers d'autres préoccupations. Ne faites ni l'un ni l'autre, contentez vous d'observer.

Un cycle s'établit entre le contrôle, l'inattention et l'observation. A force de pratiquer vous irez vers plus d'observation. Ainsi votre souffle, l'inspiration comme l'expiration, deviendront plus doux et subtiles. Vous observerez alors une pause entre l'inspiration et l'expiration. Il est possible que cette pause s'allonge alors naturellement pour une certaine durée. Lors de cette pause, le mental va aussi tendre à se tranquilliser. Au bout d'un certain temps la respiration reprendra naturellement.

Il ne doit pas y avoir de contrainte ou de d'opposition lors de l'absence de respiration. La longueur de la pause augmentera naturellement avec la pratique régulière. Il ne faut pas ici chercher à augmenter volontairement la durée de la pause.

Cette pratique permet au calme de s'installer dans le corps et l'attention se portera vers les mouvements les plus subtiles du corps, tels que les mouvements énergétiques de prana.

Essayer d'appliquer cette attitude à vos pratiques habituelles de pranayama afin de gagner en subtilité, en finesse de souffle. Suivez attentivement l'état du mental qui se calme

 



- Boris Wilbois -

La photo est de l'auteur Boris Wilbois en train de faire du Pranayama à Lanzarote, aux Iles Canaries