Interview Marco Prince

Une interview de Marco Prince Co-créateur de YogaLab Musicien, adepte du yoga, surfeur, acteur, habité d’une passion alliant curiosité et humanisme, Marco Prince nous dévoile la genèse et les bienfaits de YogaLab. Créé avec son compère Mika de Brito, professeur de yoga émérite, YogaLab développe un yoga en immersion sonore. Cette nouvelle approche du yoga, efficace et décomplexée, séduit particulièrement les citadins. Très sollicités, nos créateurs gardent la tête sereine et continuent leur exploration de l’alliance son et yoga pour une pratique décuplée.Propos recueillis par Isabelle Calkins / Photos: Laurent AttiasYM - Marco Prince, le grand public vous connait comme compositeur de musique de films ou comme juré de la Nouvelle Star mais moins comme pratiquant de yoga. Comment s’est forgé le lien avec cette discipline ? MP - J’ai découvert le yoga grâce à Peter Brook. J’ai travaillé sur la création de sa pièce de théâtre Le Costume. Peter tenait à ce que toute l’équipe, les acteurs mais aussi les techniciens, les régisseurs, les ouvreuses… bénéficient d’une pratique quotidienne de yoga. Au début, j’étais réfractaire. Le yoga proposé ne me convenait pas. Peter m’a dit « puisque tu freines, trouve-nous un yoga qui corresponde à tout le monde ». J’ai essayé de nombreuses formes de yoga et j’ai compris qu’il fallait trouver son yoga mais aussi et surtout son yogi. C’est ce qui m’est arrivé en rencontrant Mika. Nous sommes devenus amis, il me donnait des cours de yoga et je lui donnais des cours de musique et de chant. Au fur et à mesure, nous avons commencé à rapprocher nos passions et à intégrer nos savoirs respectifs. Il y avait des similitudes, des échos naturels, comme pour le travail sur la colonne d’air, par exemple. Après 2 à 3 ans d’expérimentation, nous avons créé YogaLab. Depuis un an, nous avons ouvert des cours, en suspens aujourd’hui, tout simplement parce que nous travaillons à une structuration plus solide. Nous allons repartir plus fort à la rentrée.YM - Est-ce que cette nouvelle forme de yoga a été conçue pour un public en particulier ?MP - Je pense que l’utilisation du son amène plus rapidement à l’effet escompté. Nous sommes des citadins. L’art de vivre des gens, c’est leur choix. Par contre, nous avons besoin d’avoir une pratique sportive qui corresponde à notre style de vie. À YogaLab, nous préférons remplacer des dizaines de mots par des dizaines de sons. L’expérience sonore transporte, amène dans certains états de façon plus efficace que les mots. Avec le son, nous pouvons vous donner la sensation que vous tombez même si vous êtes allongé sur le sol parce qu’une chute, c’est du volume, c’est de la densité. Avec le son nous pouvons recréer cette sensation et vous faire davantage travailler votre équilibre, par exemple. Le son permet aux gens de se lâcher et de plonger en eux de façon plus personnelle, plus intime.YM - Comment en êtes-vous arrivé à fusionner expérience sonore et pratique du yoga ?MP - Pour moi, le yoga est parfait. Ça fait 5 000 ans qu’il existe, il n’y a rien à changer. Quand les yogis se rendaient dans des grottes, c’était à des fins vibratoires, pour mettre leur corps en vibration avec certaines fréquences. Nous, avec la technologie d’aujourd’hui, nous pouvons vous amener dans une grotte du Cachemire en 5 secondes. Je suis fasciné par la matière sonore. Le son c’est du mouvement et de l’air et le mouvement, pour moi, c’est le yoga. Avec des amis ingénieurs du son, nous avons travaillé sur les fréquences, sachant que nous-mêmes ne sommes que fréquences. Nous nous sommes référés à des études déjà réalisées par l’IRCAM ou la clinique du sommeil et nous avons étudié l’impact et les bienfaits des fréquences sur le cerveau et le corps. Ainsi, on diffuse des sons qui reproduisent les ondes delta (ondes du sommeil profond), thêta (état de relaxation profonde), alpha (état de conscience apaisé) et bêta (état d’activité intense, grandes concentration et perception) et ces fréquences induisent un état proche de la relaxation, du sommeil ou de la concentration. Le cerveau s’harmonise avec elles et le corps se met en écho. YM - Comment se déroule un cours de yoga à YogaLab et quelle est la différence entre les 4 catégories de cours que vous proposez : PowerLab, FocusLab, EmotionLab et MeditationLab ?MP - Tous les cours commencent et finissent avec un même protocole. Nous commençons et nous terminons avec la respiration. PowerLab propose un yoga tonique adapté au renforcement musculaire, FocusLab est plus équilibrant et sensoriel, EmotionLab se veut plus ludique, il est idéal pour les personnes qui commencent, quant à MeditationLab, le titre est assez explicite. Dans chaque cours, nous diffusons beaucoup de compositions originales auxquelles se rajoutent des chansons qui nous plaisent. Pour autant, nous continuons de proposer des corrections de postures, évidemment. Nous organisons un système son dans la salle et parfois, pour compléter l’expérience, les personnes portent un casque pour préserver l’équilibre du son quand elles sont en mouvement. Le placement d’un rythme en début d’une séance de respiration cale une classe entière en 5 secondes, tout le monde est sensible au rythme, ou à la mélodie. YM - Vous semblez à l’orée d’une aventure encore plus fascinante et enthousiasmante qu’elle ne semble déjà l’être. Devinez-vous où celle-ci va vous mener ?MP - Vous savez, nous pensons n’avoir parcouru que 30% de la route. Il nous reste des tas de choses à explorer. C’est d’ailleurs pourquoi nous nous appelons YogaLab pour mettre en avant notre volonté de poursuivre la recherche et l’expérimentation. Nous sommes très courtisés mais nous avons déjà refusé certaines propositions alléchantes. Nous voulons prendre le temps de correctement structurer YogaLab et former des professeurs agréés. Nous optons pour un développement serein et maîtrisé. Nous allons ouvrir 2 lieux à la rentrée sur Paris, dont un assez conséquent. Nous allons participer à des événements originaux et nous déplacer dans des lieux d’art contemporain, notamment. Les projets ne manquent pas. Dont l’un, à plus long terme, qui me tient particulièrement à cœur, qui est la création d’une fondation pour amener le yoga en Afrique. Pour plus d’informations : www.yogalab.fr